lundi 2 janvier 2017

Terroristes, criminels : les bases de données d’Europol explosent !


Une augmentation de 20% par rapport à 2014 du nombre de messages opérationnels échangés et une augmentation de plus de 60% des recherches effectuées dans le Système d'Information Europol (EIS), 40% de personnes supplémentaires insérées dans l’EIS, une multiplication par 6 en une année du nombre de personnes présentes au titre de combattants étrangers dans un des fichiers antiterroristes d’Europol.
Les chiffres donnent le tournis. Pourtant, ils révèlent un accroissement continu de l’activité d’Europol ces dernières années. Cela étant dit, le rapport pour l’année 2015 révèle une activité particulièrement soutenue.


Europol disposait en 2015, d’un budget de plus de 95 millions d’euros pour 940 personnes (dont 105 analystes et 190 officiers de liaison).

Des systèmes d’information toujours plus volumineux

L'application sécurisée d’Europol (secure Information Exchange Network application - SIENA) permet un échange rapide d'informations et de renseignements opérationnels et stratégiques liés à la criminalité entre les États membres de l'UE, Europol et les tierces parties coopérantes.

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667 autorités compétentes sont reliées dans SIENA, soit 5531 utilisateurs (ce qui représente une augmentation de 17% par rapport à 2014). Le nombre d'unités antiterroristes ayant accès au SIENA a plus que doublé entre le début de l’année 2015 et la fin de l’année 2015. Plus de 30 unités antiterroristes y ont maintenant accès.

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39 868 cas ont été initiés via le SIENA soit une augmentation de 16% par rapport à 2014. 86% des nouveaux cas ont été lancés par les États membres de l'UE, 11% par des tiers, 3% par Europol. 732 070 messages opérationnels ont été échangés (soit une augmentation de 21% sur 2014). En moyenne, 60 000 messages ont été échangés chaque mois.

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Quant à la base de données d’Europol EIS (Europol Information system), il contient 295 374 objets et 86 629 criminels présumés. 633 639 recherches ont été effectuées en 2015  (soit une augmentation de 62% par rapport à 2014). Il compte 4569 utilisateurs.

Terrorisme : une activité intense après les attaques de Paris de novembre 2015

Europol a activé l'équipe d'intervention d'urgence (Emergency Response Team - EMRT)) immédiatement après les attentats de Paris du 13 novembre 2015, afin de soutenir les enquêtes et ce, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Les experts d'Europol contre le terrorisme et des analystes ont appuyé tout au long de l’enquête dans les bureaux d'Europol à La Haye, mais aussi sur place, les enquêtes en cours. Ils ont analysé une très grande quantité de données générées par les enquêtes criminelles menées dans les deux pays.
Au total, cinq bureaux mobiles ont été déployés en Belgique, à Paris et à Lyon (au siège d’Interpol) pour aider les enquêteurs français et belges.


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Les services antiterroristes d'Europol sont désormais réunis au sein du Centre européen de lutte contre le terrorisme (ECTC). Ce centre est doté d'experts et d'analystes et il est opérationnel depuis le 1er janvier 2016.

L'ECTC abrite également le système européen de données sur les explosions (EBDS), une plate-forme pour le partage d'informations et de renseignements pertinents sur les incidents impliquant des explosifs, des engins incendiaires, ainsi que des produits chimiques, biologiques, radiologiques, et nucléaires (CBRN).

L’ECTC héberge l’Internet Referral Unit. Il s'agit d’une unité destinée à assurer la surveillance des sites web des terroristes de langue arabe ainsi que des médias sociaux. L'IRU identifie et analyse le contenu terroriste sur Internet et les médias sociaux. Il travaille avec les entreprises du secteur privé pour supprimer ce type de contenu. 1 605 suppressions effectives ont eu lieu, soit un taux de réussite de 89%.

Cybercriminalité : l’exemple de l’opération Ramnit

Le 24 février 2015, Europol a coordonné une opération internationale conjointe visant à cibler le botnet de Ramnit qui avait infecté 3,2 millions d'ordinateurs dans le monde. Ce botnet a été utilisé par les criminels pour commander à distance des ordinateurs infectés, principalement pour voler des mots de passe et désactiver la protection antivirus.
Les logiciels malveillants, infectant les utilisateurs exécutant des systèmes d'exploitation Windows, exploitaient différentes méthodes d'infection telles que les liens contenus dans les courriers indésirables.
Des représentants des services de répression des États membres, Microsoft, Symantec et Anubis Networks ont collaboré avec les responsables d'Europol pour arrêter les serveurs et pour rediriger 300 adresses de domaine Internet utilisées par les opérateurs du botnet.
Le Centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3) dispose d'une équipe d’experts en criminalistique spécialisés. Cette expertise contribue à fournir des preuves pour les enquêtes en cours, tout en apportant aux services de police une meilleure compréhension des modus operandi des cybercriminels. En 2015, Europol a fourni un soutien sur place à 20 enquêtes, y compris des cas de blanchiment de drogues.

Trafic de migrants : l’accent mis sur les organisations structurées de passeurs

En octobre 2015 a eu lieu une opération internationale de police contre le trafic et la traite des êtres humains, coordonnée par Europol. 365 policiers d'Espagne et de Pologne y prenaient part. Résultats:
  • Arrestation de 29 contrevenants soupçonnés d'appartenir à un réseau de la criminalité organisée, chargés de faciliter les voyages pour les migrants pakistanais à travers la mer Méditerranée (Libye-Italie et Turquie-Grèce)
  • 60 inspections de restaurants et 51 perquisitions en Pologne et en Espagne.


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JOT Mare a été lancé en mars 2015. Hébergé au siège d'Europol, il comprend la participation d'experts nationaux détachés de sept États membres de l'UE.
Cette équipe opérationnelle commune utilise les capacités de renseignement d'Europol pour échanger des informations en temps réel visant à perturber les réseaux opérant en Turquie, en Libye et dans d'autres pays d'Afrique du Nord chargés du transport des migrants. Quant à la mise en place du Centre européen spécialisés dans la lutte contre le trafic de migrants, elle permet d'aider les États membres à mieux prévenir et combattre ce trafic.

Plus de 100 analystes actifs au sein d’Europol

Pour ce qui est du système d'analyse Europol (Europol Analysis System - EAS), il s’agit d’un outil d'analyse de haute technologie qui soutient les analystes d'Europol dans l'analyse stratégique et opérationnelle à partir des données fournies par les États membres et par des tiers. Il fournit une plate-forme technique hébergeant des fichiers de travail d'analyse.

Plus de 100 analystes sont employés à Europol. Ils effectuent des analyses opérationnelles et stratégiques et travaillent à des projets spécifiques dans le domaine du crime organisé et du terrorisme. Les analystes sont également employés dans le centre opérationnel d'Europol, qui est doté de personnel 24/7.
Cette unité gère le flux constant de données entre Europol et ses partenaires opérationnels. Il évalue les données à inclure dans les bases de données d'Europol. Le centre opérationnel d'Europol (Europol’s Operational Centre) assure un service centralisé de vérification croisée et produit des rapports analytiques lorsque des éléments communs sont trouvés.

Une communauté de plus de 8.000 experts

La plate-forme d'experts d'Europol (EPE) est une plate-forme Web de collaboration sécurisée destinée aux experts de divers domaines policiers. Il facilite le partage des meilleures pratiques, de la documentation, de l'innovation, des connaissances et des données à caractère non personnel sur la criminalité.
Les utilisateurs peuvent interagir et collaborer entre eux via des communautés virtuelles. Chaque communauté dispose d’un ensemble d'outils pour la gestion de contenu, tels que des blogs ou des forum. Ils disposent aussi d’une messagerie privée ou instantanée.
À la fin de 2015, 8140 utilisateurs de 84 pays pouvaient interagir et collaborer entre eux dans des communautés virtuelles.
En 2015, environ 2 000 nouveaux utilisateurs ont rejoint l'EPE, soit une augmentation de 35% par rapport à 2014.
À titre d’exemple, la plate-forme cybercriminalité (secure platform for accredited cybercrime Experts) comprenait 2100 membres – soit pratiquement le double par rapport à 2014.

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Toujours à titre d’exemple, le Système européen de données sur les explosions (EBDS) évoqué ci-dessus fournit une plate-forme pour le partage d'informations et de renseignements sur les incidents. Plus de 700 experts de presque tous les États membres de l'UE, Europol, la Norvège et les États-Unis sont connectés.

Un million visiteurs le jour de l’inauguration du site répertoriant les fugitifs les plus recherchés

En 2015, Europol a continué à soutenir le Réseau européen ENFAST (European Network of Fugitive Active Search Teams) dans le développement d'une plate-forme sécurisée consistant en un site Internet répertoriant lesfFugitifs les plus recherchés en Europe. ENFAST est un réseau de policiers spécialisés dans l'action immédiate pour localiser et arrêter les fugitifs.
À la suite de ce projet, un site dédié de www.eumostwanted.eu a été lancé en janvier 2016. Le site web est disponible en 17 langues.
Y figurent des informations sur des criminels de premier plan recherchés au niveau international. Dans les 36 premières heures après le lancement, le site a été vu par plus d'un million visiteurs. Trois jours après le lancement, la première cible de la liste a été arrêtée par la police d'Helsinki.

Toujours plus d’accords avec les pays et organisations partenaires

Europol a signé un accord de coopération opérationnelle avec Frontex afin de contribuer plus efficacement à la lutte contre les réseaux de migrants. Europol a également signé une convention avec l'Office de l'harmonisation dans le marché intérieur (OHMI, devenu Office de la propriété intellectuelle de l'Union européenne, EUIPO).
Europol a discuté de la poursuite de la coopération avec l'Agence européenne pour la sécurité maritime (EMSA) et l’agence européenne de la gestion des réseaux eu-LISA, tandis qu'une communication régulière a été établie avec le Coordonnateur de l'UE pour la lutte contre le terrorisme.

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  • En bleu : les 28 États membres de l'UE.
  • En orange : les accords opérationnels - Albanie, Australie, Canada, Colombie, Eurojust, ex-République yougoslave de Macédoine, Frontex, Islande, Interpol, Liechtenstein, Monaco, Monténégro, Norvège, Serbie, Suisse, États-Unis.
  • En vert : les accords stratégiques - Bosnie-Herzégovine, CEPOL, BCE, l'ECDC, l'OEDT, l'ENISA, la Moldova, l'OHMI, l'OLAF, la Russie, Turquie, ONUDC, Ukraine, Organisation mondiale des douanes.

(synthèse et traduction du texte par securiteinterieure.fr)



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